L’enfer du Dimanche

L'enfer du DimancheTony D’Amato est le célèbre coach des Miami Sharks, équipe réputée de Football Américain. Mais depuis quelques temps son équipe perd et ses joueurs se blessent. Il est obligé de lancer un remplacant qui va vite prendre la grosse tête.

On attendait le retour d’Oliver Stone (après U-Turn), et on peut pas dire qu’on soit déçu. Stone aborde pourtant un thème relativement déroutant : le foot US. Un peu déroutant pour les Français qui connaissent peu les sports américains (et Dieu sait s’ils sont nombreux), le film est malgré tout largement visible par les incultes de la culture sportive.
Pourquoi s’est il lancé dans un tel thème ? On obtient la réponse après quelques minutes… ce sport lui permet une réalisation et un traitement de l’image proche du clip. Il avait annoncé 4.500 plans, on doit pas être trop loin. Les images sont fabuleuses et le montage nerveux et très réussi. Très « Stonesque » il nous reste encore de nombreuses images en tête après le film.
La bande-son est, elle aussi, titanesque (125 morceaux) et permet aux image de s’incruster vraiment dans notre cerveau. Si on mêle à cela les bruits de contact, on vous conseillera de pas vous asseoire dans un coin… une enceinte risque de vous faire perdre une bonne partie de vos capacités auditive.

On retrouvera (après Revelations) Al Pacino en grande forme. Son rôle d’entraineur charismatique lui va bien et lui permet de pousser des bonnes gueulantes et des monologues dont il a le secret (cf L’Associé du Diable). On retiendra aussi le rôle de Cameron Diaz, détestable en femme d’affaire, et Jamie Foxx en jeune joueur à la grosse tête.

On regrettera juste une histoire un poil en retrait par rapport à la qualité des images… Tant pis on retiendra le meilleur, c’est à dire beaucoup de choses techniquement, et globalement un très bon moment, Stone réussit à nous tenir en haleine pendant plus de 2h20.

Le sujet abordé par Oliver Stone est cette fois l’univers du football américain. Le réalisateur, comme à son habitude, nous offre un film intense et violent qui dénonce un sport gangrené par l’argent et la pression médiatique.
« L’ENFER DU DIMANCHE » est avant tout une oeuvre esthétique. On entre de plein fouet dans un monde où la violence est normalisée et appréciée, un monde à la fois repoussant et fascinant, un peu à l’image des jeux du cirque auquel l’auteur fait souvent référence.

Si l’on ne connaît rien des règles du foot US, ce n’est pas bien grave car le réalisateur a tout fait pour éviter les détails techniques. D’ailleurs, le scénario lui-même est assez sommaire car l’intérêt n’est pas là. Les scènes de foot, filmées camera à l’épaule, se résument à des chocs ultra-violents entre adversaires et à un étalage de leur haine réciproque. Les acteurs sont tous brillants dans leurs rôles de barbares shootés aux hormones. Et tout cela est accompagné d’une B.O. extrêmement entraînante et très diversifiée. De quoi donner le vertige !

Cependant, on regrettera une fin trop conventionnelle qui n’est pas du tout en rapport avec le ton général du film. Les valeurs du sport y sont étalées assez grossièrement : esprit de sacrifice, émotion, beauté du jeu Oliver Stone a visiblement un peu de mal à nuancer ses idée : chez lui, tout est tout noir (« U-TURN, « TUEURS-NES ») ou tout blanc. Mais c’est aussi ce qui fait son charme.