Entre ses mains

Entre ses mainsClaire Gautier, la trentaine, est une mère de famille sans histoire qui travaille dans les assurances. Un jour elle s’occupe du dossier d’un vétérinaire, Laurent Kessler, venu la consulter pour une affaire de dégât des eaux. Elle tombe rapidement amoureuse de cet inconnu qui se dit « chasseur de femmes ». Bientôt Claire soupçonne Laurent d’être le serial killer qui sème la terreur dans la ville.

Enfin un film français audacieux ! Cette histoire d’amour, « un thriller intime » selon la réalisatrice Anne Fontaine, sort des ornières du classique mélo sentimentale grâce au doute qui plane sur la vraie personnalité de Laurent. Est-il le serial killer qui terrorise Lille depuis plusieurs mois ? Malgré le doute légitime de Claire, son attirance pour Laurent devient de plus en plus prégnante.

Premier point positif, le film évite soigneusement tous les clichés du film de serial killer. Anne Fontaine s’intéresse avant tout à ses personnages et sa peinture du couple en crise sonne assez juste. Claire est mariée à un artiste, adore son adorable petite fille et semble à l’aise dans le monde des assurances. Mais au contact de Laurent, un vétérinaire à l’humeur changeante qui vit toujours avec sa mère, Claire se transforme. On en apprend plus sur son passé, son rêve de devenir danseuse. Et elle s’attache à ce personnage lunaire. Benoît Poelvoorde est étonnant dans le rôle de Laurent. Lui-même avoue « avoir eu des difficultées » à incarner ce personnage assez éloigné de son univers. Anne Fontaine lui interdit le combo, de sorte que Poelvoorde ne peut vérifier après chaque prise sa prestation. Mis en confiance par Anne Fontaine, Benoît Poelvoorde montre une facette différente de sa personnalité. La craquante Isabelle Carré est aussi parfaite en mère de famille bien sous tous rapports. Sa rencontre avec Laurent, son attirance pour ce personnage étrange est troublante. Isabelle Carré confesse qu’elle ne sait pas elle-même à quel moment son personnage sait que Laurent est un tueur. Ce sentiment d’attraction/répulsion est le nœud scénaristique du film.

La musique de Pascal Dusapin est au diapason de cette libre adaptation du roman « Les Kangourous » de Dominique Barbéris. Le film n’a pas grand chose à voir avec son modèle et son orientation scénaristique est parfois hasardeuse. En témoigne la fin qui laisse un sentiment assez mitigé. La mise en scène d’Anne Fontaine est brute et colle assez bien à l’ambiance générale du film. Malgré son statut de « petit » film, « Entre ses mains » se distingue grâce à son ambiance pesante et à ses acteurs impécables. Cette réflexion juste et touchante nous révèle un aspect nouveau de Benoît Poelvoorde. Et rien que pour ça le film mérite le détour.

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Publié le 1 juillet 2014, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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