Exils

ExilsZano et Naïma ont en commun l’Algérie, que leurs parents ont quitté pour diverses raisons. Sur un coup de tête, ils partent pour Alger en passant par l’Espagne.

Récompensé à Cannes par le prix de la mise en scène, Tony Gatlif poursuit sa carrière de réalisateur en abordant des thèmes et des personnages qui lui sont chers. Pour la troisième fois, il fait confiance à Romain Duris et lui associe une surprenante Lubna Azabal (révélée par ‘Loin’ de Téchiné).

‘Exils’, c’est donc dès le départ un road movie gitan, une sorte de voyage initiatique vers des racines attirantes mais peu connues. A travers ce voyage, Gatlif fait tout de suite son choix et sitôt les personnages introduits, nous mène en Andalousie. Un peu surprenant ce saut kilométrique nous permet de rentrer dans cette culture gitane qui fait partie de son univers. Omniprésente, la musique s’impose comme l’élément moteur de cette recherche. Elle accompagne nos deux héros partout, et est réellement partie prenante du film.

Magnifiquement filmé, ‘Exils’ enchaîne des plans extraordinaires et jamais vains. Même s’il se révèle parfois un peu didactique, il s’exprime avec un minimum de parole. Car le personnage principal du film, c’est véritablement ce voyage, qui nous permet de traverser ces destins tragiques et merveilleux en même temps.

Malgré un circuit géographique pas toujours simple à suivre, cette quête se révèle une véritable rédemption pour ces ‘étrangers de partout’, à la recherche de leur identité. Poignant, Gatlif trouve le ton juste pour cette errance maitrisée et sublimée par une bande son humaine et merveilleuse. A ne pas rater.

L’Exorciste

L'ExorcisteLa fille d’une actrice, on ne peut plus équilibrée commence à agir de plus en plus étrangement. Si bien que sa mère en est à se demander si elle ne serait pas possédée.

La ressortie de « L’Exorciste » est une occasion immanquable de (re-)découvrir ce chef-d’oeuvre du cinéma d’épouvante sous un nouveau jour.
Cette version nous propose en effet des effets spéciaux et sonores tout neufs et onze minutes supplémentaire par rapport à la version originale.
Des aménagements utiles qui nous permettent d’éclaircir certains points obscurs du premier scénario, ce qui améliore ainsi la cohésion et la compréhension de l’histoire.

Rarement un film n’aura autant marqué les esprits que « L’Exorciste » ; il constitue encore aujourd’hui l’un des films les plus terrifiants de l’histoire du cinéma en nous proposant une étourdissante descente aux enfers.

On pourra toujours sourire ou trouver certaines séquences « grand-guignolesques » ; le fait est que l’on ressort toujours du cinéma envahi d’un incroyable sentiment de mal-être que seuls les meilleurs films d’épouvante arrivent à nous transmettre. Au delà de son aspect terrifiant, le film demeure de grande qualité du point de vue de sa réalisation. Les quelques effets visuels rajoutés nous permettent d’ailleurs de voir furtivement mais à de nombreuses reprises le visage du Diable.

Vingt-cinq ans après, le thème musical est resté dans tous l’esprit, tout comme l’est resté le visage si attendrissant de la jeune possédée.
Une précaution est cependant à prendre avant d’aller voir ce film ; mieux vaut le voir avec l’oeil (naif!) du spectateur des années soixante-dix. Cela évitera certainement quelques sourires malvenus pour un tel film.

Evolution

Evolution Après l’écrasement d’un météorite en plein désert d’Arizona, deux professeurs de la fac analyse un fragment de cette pierre mystérieuse.
Ils y décelent des créatures se développant à une vitesse exceptionnelle…

Comme la bande-annonce le laissait pressentir, « Evolution » n’est qu’un film de science-fiction très basique dans lequel on découvre une invasion d’extra-terrestres à la suite du crash d’une météorite. On pense à l’œuvre de Jack Arnold, pourtant on est à des années lumières de celle-ci. Non seulement l’idée principale du film se révèle simplette mais en plus elle est sous-exploitée. C’est d’autant plus décevant que c’est Ivan Reitman, réalisateur du sympathique « Gosthbusters » qui est aux commandes.

Comme souvent dans ce genre de films, deux attitudes sont possibles. Pour ceux qui se sentent d’humeur joyeuse, rempli de cette étrange tolérance que l’on ne ressent qu’en cette saison magique où la mer chaude vient chatouiller le bout des orteils, je préconise de lire le paragraphe suivant, qui n’est pas sans rappeler les critiques ciné de certains quotidiens français…

Ce n’est pas sans un certain humour que les personnages s’évertuent à découvrir comment cette race d’extra-terrestres arrive à évoluer avec une prodigieuse rapidité, idée ô combien lumineuse, qui plonge nos héros dans une suite d’aventures à la fois palpitantes et formidablement bien mises en scène, on peut même dire que les effets spéciaux concurrencent ceux de la saga « Star Wars » . « Ces extra-terrestres risquent de dévaster l’Amérique, et par conséquent toute l’humanité », tout est dit quant à la qualité des dialogues d’un film qui figurera sans doute au Panthéon des œuvres mythiques conçus par Dame Hollywood.

Vous trouvez ça un tantinet démago ? Le sable chaud ne vous chatouille pas encore les orteils et vous êtes plutôt d’humeur à massacrer ce que vous considérer comme un navet de plus fabriqué par Hollywood : le paragraphe suivant est pour vous !

Une seule question après avoir vu un tel « produit » : pour quelles raisons le réalisateur de « Gosthbusters » est allé filmer un navet pareil ? Trois personnages stéréotypés, interprétés par ce que l’on peut gentiment considérer comme des acteurs jetables, débitent une succession de dialogues ineptes sans le moindre sens du travail bien fait. La mise en scène consensuelle se limite au minimum syndical, à savoir filmer des situations d’une platitude à faire pâlir Max Pécas, qui en comparaison apparaît comme un maître du cinéma mondial. Même les effets spéciaux sont du déjà-vu. Avec « Evolution », on touche le fond et on commence à creuser.

Là encore, le paragraphe ne reflète pas franchement mes pensées. Vous allez me demander : quelle conclusion peut-il alors ressortir d’une critique aussi alambiquée ? Ben, pas grand chose…Tout ceci n’est pas très sérieux. En fait, quand on ne pense pas grand chose d’un film, on est souvent tenté de faire une critique « extrême » : facile à écrire et souvent très appréciée par le public. On peut même dire que ce genre de critiques totalement démagos affluent sur le net. Les critiques les meilleures sont pourtant souvent les plus nuancées. Pour ma part, j’ai trouvé « Evolution » plutôt médiocre.

Habitué des comédies fantastiques avec les Ghostbusters, Ivan Reitman reprend ici du service derriere la caméra avec une comédie annoncée comme
loufoque et assez déjantée.
Avec un casting assez imposant, ‘Evolution’ pouvait se faire une place au soleil de l’été des blockbusters. Malheureusement, le resultat est vraiment loin de nos espérances.
L’humour s’annonce extrêmement faible, et hormis certaines scènes, la linéarité du scénario, nous fait sombrer dans un ennui profond.

La présence de David Duchovny dans un rôle assez contrasté avec celui de Mulder n’apporte malheureusement pas grand chose, tant il joue peu avec son personnage.
De l’autre côté, Julianne Moore, scientifique maladroite n’en finit pas de faire du comique « tarte à la crème » en se prenant toutes les portes… plutôt affligeant. Le final essayant de ressortir une idée grotesque façon « Mars Attacks », le talent de Burton en moins.

Reste bien sûr quelques gags plutôt sympatiques mais qui ne sauvent pas le film. Les bébêtes sont plutôt bien réalisées et les images de synthèse bien intégrées aux décors.

Evolution ne vole donc vraiment pas haut et n’innove en aucun point. On aurait préféré un tappage médiatique pour une comédie de science fiction sortie l’année dernière en catiminie : Galaxy Quest !

Etre et avoir

Etre et avoirDans une petite ville du Puy de Dome, l’instituteur doit prendre en charge des élèves allant de la maternelle au CM2. Les hauts et les bas de ces élèves dans une année d’enseignement.

Avec ce documentaire fin et intéressant, Nicolas Philibert touche à une période importante de chacun : l’enfance à l’école.
En prenant pour cible un instituteur entouré d’une vingtaine d’élèves entre 4 et 10 ans (dans la même classe), nous voyons à travers ce film les nombreux rapports humains qui peuvent exister autour de l’école. On découvre ainsi les élèves en classe, en récréation, en famille, etc. Autant de situation qui procure bon nombre d’émotions, tout en restant toujours extrèmement pudique.

La naïveté est ici montrée telle qu’elle est, et, pour le spectateur, cela fait un bien fou. Cette incursion dans cette école de village est pleine de fraîcheur et évite toute longueur grâce à de nombreuses situations pleine d’humour et de sympathie.
Le parti-pris positif nous offre donc une ambiance d’école joviale. Malgré quelques petits malheurs occasionnant de chaudes larmes, le document fait globalement la part belle à ces petits moments d’insouciance lors de ces premières années d’école.

Vous l’aurez compris, ce documentaire est un vrai coup de coeur et mérite d’être partagé. Sa diffusion au cinéma pourra freiner certains, mais ceux qui iront outre trouveront une oeuvre bien réalisée, émouvante et amusante. Un vrai rayon de soleil.

Numérisation de vos cassettes HI8 en DVD

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Keepmovie numérise vos anciennes bobines et les transfère sur les matériaux de stockage numérique DVD. Profitez pleinement des goûts apportés par vos souvenirs en les regardant sur votre TV et/ou votre ordinateur. Le tarif ne sera pas exorbitant. La facturation se fait individuellement, le temps des bobines ne sera pas cumulé. Le prix dépend du diamètre des bobines. La visualisation en streaming est offerte et le paiement peut être fait sur de compte en ligne sécurisée, par chèque que le client doit faire accompagner par le colis ou aussi par Paypal. Le titrage et la personnalisation de jaquette sont faits gratuitement. Ce prix peut subir une diminution selon la progression du nombre de copies du DVD commandée par les clients. Dans le cas où des montages vidéo sont à faire, on applique de supplément par bobine si fichier avi vers DVD ou supplément par cassette hi8 vers DVD. Pour le stockage et la numérisation de vos données sur bobine le surplus de tarif ne s’applique pas sur la numérisation de bobines ou de cassettes. Si vous avez des bobines muettes, Keepmovie pourra apporter de son personnalisable. Dans le cas de copie vers disque dur les fichiers avi peuvent être disponibles. Keepmovie se réserve le droit de faire de modification du prix de la numérisation sur des disques durs en fonction de l’évolution du marché et du changement de la marque de disques durs.

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Eternal Sunshine of the Spotless MindJoël et Clementine vivent une relation un peu chaotique, faite de haut et de bas. Suite à une discussion un peu forte, Clementine décide d’experimenter une nouvelle thérapie qui va complètement effacer de son cerveau, sa rencontre avec Joël. Apprenant cela, il veut faire de même…

Malgré un premier film (Human Nature) reçu un petit peu froidement, Gondry a pu compter sur un casting de premier choix pour son second long metrage, ‘Eternal Sunshine of the Spotless Mind’. Il faut dire que la réputation du clippeur français n’est plus à faire outre atlantique et beaucoup d’acteurs semblent prêt à se lancer avec lui dans l’aventure.

Sous les traits de l’aventure amoureuse de Jim Carrey et de Kate Winslet, Gondry tente ici d’aborder la rencontre avec l’autre dans son ensemble, des meilleurs moments du premier rendez-vous jusqu’à l’acceptation de la rupture. Il y a évidemment une certaine naïveté, assez sublime, dans cette union entre deux personnages extrêmement differents, mais finalement faits l’un pour l’autre. Et le génie de Gondry ici, c’est de nous faire croire à cette union comme si, quoi qu’il arrive, elle se doit d’exister.

Sous couvert d’un gadget scenaristique permettant de nombreuses idées de mise en scène, Gondry se perd un peu dans un scenario melangeant pourtant astucieusement le fond et la forme. Le réalisateur a bourré le film d’idées astucieuses, mais perd parfois de vue l’avancé de l’histoire et la structure du récit.

Malgré ce petit problème, ‘Eternal Sunshine’ est un très beau film, notamment grâce à ses deux acteurs principaux et ses seconds rôles savoureux (Kirsten Dunst et Mark Ruffalo notamment). Gondry signe donc un second film bien plus équilibré que son premier mais qui aurait pu être allégéau montage, en privilégiant l’avancée de l’histoire aux bonnes idées de mise en scène. Une belle histoire d’amour cependant, à découvrir pour cette magie omniprésente.

Escrocs mais pas trop

Escrocs mais pas tropUne bande de losers prévoit de créer une société écran de cookies située proche d’une banque pour creuser et accéder à aux coffres. A la place, ils font fortune en vendant les cookies et deviennent une grande multinationale.

Rare succès de Woody Allen aux USA, ces « Escrocs mais pas trop » ont pas mal de qualités, notamment au niveau de l’humour. Pas mal de trouvailles, surtout dans les (nombreux) dialogues, et les personnages qui sont souvent originaux.

On a cependant l’impression que tout n’est pas parfait… En effet, les thèmes abordés donnent souvent lieux à pas mal de gags mais le fond du propos enfonce plutôt des portes ouvertes (les vilains riches snobs qui se moquent des beaufs) et joue un peu dans le politiquement correct.

Ce qui choque aussi, c’est la structure du scénario. On a vraiment l’impression de passer d’un film à l’autre au milieu. Des personnages apparaissent, d’autres disparraissent ; déroutant.

Reste une bonne humeur et une mise en scène qui inspire la bonne humeur. Un vrai film de détente, agréable et drôle.

Woody Allen, c’est bien connu, on est fan ou on déteste ; ses scénarios tirés à quatre épingles, son humour théâtral et ses personnages « moulins à parole » ont l’art de diviser le public en deux. On ne peut en tout cas pas lui reprocher la fraîcheur de l’ensemble de ses films. « Escrocs, mais pas trop » ne déroge d’ailleurs pas à la règle. On retrouve tous les ingrédients d’un bon Woody Allen, ce qui en fera donc certainement fuir plus d’un !

Tout le talent du réalisateur est de faire passer l’heure et demie que dure le film comme une lettre à la poste. Devant une oeuvre travaillée et simple comme celle proposée, le spectateur ne peut pas s’ennuyer. Les dialogues filent toujours aussi vites, les personnages sont attachants et la réalisation s’efface devant le propos. Celui-ci traite de la jet-set, de la vanité et bien sur du « vrai » bonheur cher au Cinéma. On se moque, on sourit, mais cela reste toujours gentil. Le problème est d’ailleurs peut-être là : les films de Woody Allen ne sont souvent « que » du passe-temps. Cela contente jusqu’à un certain point mais, pour certains, il arrive un moment ou l’on désire un peu plus qu’un bon mot ou une finesse d’esprit.

On appréciera donc « Escrocs, mais pas trop » comme une sympathique comédie. Un agréable moment que l’on oublie. Ce n’est donc certainement pas ce que l’on peut attendre de mieux d’un film vue en salle, sauf, encore une fois, pour certains. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas…

Erin Brockovich

Erin BrockovichErin Brockovich est un personnage. A environ 35 ans, elle élève toute seule ses trois enfants. Elle arrive enfin à trouver un emploi dans un cabinet d’avocats. Au départ archiviste, elle s’engage dans des recherches sur un cas mettant en cause une énorme boîte dans une affaire de pollution et d’empoisonnement.

On en a beaucoup entendu parlé, les films de Julia Roberts passent rarement inaperçus. Celui là ne changera pas la tradition; Julia interprête donc une mère célibataire à la grande gueule qui va tenter de retourner une grosse société qui a intoxiqué de nombreux habitants d’une ville.
Cette comédie dramatique repose bien sûr entièrement sur l’actrice… c’est un peu dommage, mais c’est vrai qu’elle est agréable à l’image et que ça passe plutôt bien.
En fait, c’est globalement bien fait, le film suit un rythme assez linéaire et on est pas trop largué dans l’affaire (c’est parfois le cas dans les films de procès). Mais, ça manque sans doute un petit peu de finition. On a voulu rajouter, presque greffer une histoire d’amour qui n’avance pas à grand chose, si ce n’est pour mettre en avant Julia… un peu dommage.
On regrettera aussi le caricaturisme des personnages qui est ici poussé à son paroxysme. Les personnages sont vraiment tous noirs ou tous blancs; cela décrédibilise vraiment le film, même si ça permet de rendre le film plus drôle.

Erin Brockovich est donc un film frais, assez drôle et qui se laisse voir… rien de plus. Julia Roberts est radieuse et sans elle, on se demande où serait allé le film; elle le mène donc de bout en bout, et parvient à le mettre dans la case des films divertissants. C’est déjà pas mal.

« Erin Brockovich » a le mérite de traiter d’une affaire grave de santé publique avec finesse et détachement ; le film ne tombe ainsi jamais dans la gravité haletante, mais souvent facile, des films de procès « à l’américaine ». Ceci grâce à la personnalité « grande gueule » de l’héroïne, interprétée par Julia Roberts, en complet décalage avec l’austérité qu’implique le traitement d’une telle affaire.

Cela faisait longtemps que l’on attendait Julia Roberts dans un rôle différent. Elle nous montre ici enfin l’étendue de son talent ; elle supporte largement sur ses épaules le poids du film dont le scénario est entièrement centré sur son personnage.

La principale qualité de ce film est la finesse et la fraîcheur avec laquelle il traite son sujet. Il s’oppose en cela complètement avec la tension permanente de « Révélation » de Mickael Mann, qui dénonce lui-aussi mais de façon complètement différente un grand scandale américain. Dans « Erin Brockovich », on s’attarde autant sur les difficultés du cabinet à traiter une telle affaire ou sur l’aptitude d’ Erin à s’insérer dans le monde juridique qu’aux rebondissements de l’affaire elle-même. Ajouter à cela une pointe d’humanité (sans tomber dans le mielleux comme souvent dans les films de J. Roberts).

On est donc loin du film ultra-classique auquel on pouvait s’attendre. Et les deux heures dix que représente le film (encore un film « long » &décidément cela devient systématique.) passe finalement très bien.

Equilibrium

Equilibrium2070, Libria, les humains ont décidé de cessé d’éprouver toute émotion pour éviter de nouvelles guerres. Pour cela toute créativité est interdite et tous les objets d’art détruits. C’est le travail de John Preston, ecclésiaste, de veiller à ce que personne n’éprouve plus d’émotion.

A n’en pas douter, ‘Equilibrium’ s’inscrit tout droit dans la lignée des thrillers d’anticipation que nous font parfois découvrir les Etats-Unis. On se souvient du très réussit ‘Bienvenue à Gatacca’ ou du plus récent ‘Cypher’. Dans cet ‘Equilibrium’, tous les éléments classiques sont présents : futur post-apocalyptique, photo froide quasi-monotone, état fascisant… L’amateur du genre se retrouvera donc en terrain connu.

Au niveau du contenu, c’est d »Orange Mecanique’ qu »Equilibrium’ s’inspire le plus, le thème du choix personnel étant omniprésent à travers cette drogue (le si bien nommé ‘Prozium’). Mais le principal intérêt du film, c’est de voir l’évolution du personnage principal, interprêté intelligemment par Christian Bale (‘American Psycho’, ‘Shaft’). La découverte des émotions est réussie et permet de jouer avec tous les éléments esthétiques du film. Plusieurs scènes avec Emily Watson (dont les grands yeux bleues sont presque choquants dans cet univers) sont de vraies réussites, et concrétisent le discours du film.

Alternant scène de dialogues plus ou moins politiques et gunfights sympathiques, Wimmer arrive assez bien à jouer sur son esthétique et arrive le plus souvent à cacher un budget relativement serré (20 millions de dollars). La photographie presque monotone (encore une fois, cela rappelle un peu les images très ‘mode’ de ‘Gatacca’) est un peu lourde de sens mais permet beaucoup d’artifices et est bien utilisé.

Sans révolutionner le genre, ‘Equilibrium’ est un bon film de SF qui pioche ses inspirations un peu partout, et qui arrive finalement à étonner grâce à des acteurs qui croient au projet. Bale tient là un rôle qui lui va comme un gant. C’est le film qui en bénéficie et qui devient du même coup une bonne surprise.

Mélange d’action et de réflexions philosophiques sur l’humanité, Equilibrium se veut le pendant fauché mais assez réussi de Matrix.

Pas besoin d’avoir vu le film pour constater qu’Equilibrium empiète immédiatement sur les plates bandes de Matrix, il suffit de voir l’affiche du film: Christian Bale et Taye Diggs sont les parfaits clones de Keanu Reeves et Laurence Fishburne, aux costumes près !

Cependant, en voyant le déroulement du film, on peut se demander quel intérêt autre que commercial justifiait la présence de Taye Diggs sur cette affiche tant son rôle est mineur.
Sans doute sa présence est-elle, comme c’est la cas pour d’autres acteurs, cannibalisée par celle de Christian Bale, qui assume excellemment son rôle de leader charismatique, aussi froid et implacable qu’un Neo.

Les références de ce film sont nombreuses- et de qualité- avec Gattaca, Cypher, et bien d’autres encore, mais c’est évidemment de Matrix que l’ensemble se rapproche le plus avec ses scènes d’action spectaculaires et souvent excellentes, sans toutefois arriver à rivaliser avec celles de ce dernier, sans doute faute de bénéficier du même budget.

Et c’est là que le bât blesse : le manque de moyens rend les scènes moins tonitruantes que son illustre prédécesseur, et malheureusement, ceci n’est pas compensé de manière suffisante par l’autre grande partie du film qui tente d’analyser, mais de manière trop sommaire, la société et le genre humain.

Reste un film très agréable qui surfe sans se cacher sur la vague de Matrix.

Entre ses mains

Entre ses mainsClaire Gautier, la trentaine, est une mère de famille sans histoire qui travaille dans les assurances. Un jour elle s’occupe du dossier d’un vétérinaire, Laurent Kessler, venu la consulter pour une affaire de dégât des eaux. Elle tombe rapidement amoureuse de cet inconnu qui se dit « chasseur de femmes ». Bientôt Claire soupçonne Laurent d’être le serial killer qui sème la terreur dans la ville.

Enfin un film français audacieux ! Cette histoire d’amour, « un thriller intime » selon la réalisatrice Anne Fontaine, sort des ornières du classique mélo sentimentale grâce au doute qui plane sur la vraie personnalité de Laurent. Est-il le serial killer qui terrorise Lille depuis plusieurs mois ? Malgré le doute légitime de Claire, son attirance pour Laurent devient de plus en plus prégnante.

Premier point positif, le film évite soigneusement tous les clichés du film de serial killer. Anne Fontaine s’intéresse avant tout à ses personnages et sa peinture du couple en crise sonne assez juste. Claire est mariée à un artiste, adore son adorable petite fille et semble à l’aise dans le monde des assurances. Mais au contact de Laurent, un vétérinaire à l’humeur changeante qui vit toujours avec sa mère, Claire se transforme. On en apprend plus sur son passé, son rêve de devenir danseuse. Et elle s’attache à ce personnage lunaire. Benoît Poelvoorde est étonnant dans le rôle de Laurent. Lui-même avoue « avoir eu des difficultées » à incarner ce personnage assez éloigné de son univers. Anne Fontaine lui interdit le combo, de sorte que Poelvoorde ne peut vérifier après chaque prise sa prestation. Mis en confiance par Anne Fontaine, Benoît Poelvoorde montre une facette différente de sa personnalité. La craquante Isabelle Carré est aussi parfaite en mère de famille bien sous tous rapports. Sa rencontre avec Laurent, son attirance pour ce personnage étrange est troublante. Isabelle Carré confesse qu’elle ne sait pas elle-même à quel moment son personnage sait que Laurent est un tueur. Ce sentiment d’attraction/répulsion est le nœud scénaristique du film.

La musique de Pascal Dusapin est au diapason de cette libre adaptation du roman « Les Kangourous » de Dominique Barbéris. Le film n’a pas grand chose à voir avec son modèle et son orientation scénaristique est parfois hasardeuse. En témoigne la fin qui laisse un sentiment assez mitigé. La mise en scène d’Anne Fontaine est brute et colle assez bien à l’ambiance générale du film. Malgré son statut de « petit » film, « Entre ses mains » se distingue grâce à son ambiance pesante et à ses acteurs impécables. Cette réflexion juste et touchante nous révèle un aspect nouveau de Benoît Poelvoorde. Et rien que pour ça le film mérite le détour.